Comprendre l’ubérisation du permis de conduire

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Comprendre l’ubérisation du permis de conduire

Le permis de conduire nous a tous concerné au moins une fois dans notre vie. Chaque année, ce sont plus de 1,4 million de Français qui se présentent à l’examen du code de la route et plus de 1,7 million qui passent la traditionnelle épreuve de conduite du permis de conduire.

Alors que la France compte près de 12 000 auto-écoles et que des dizaines de milliers de Français travaillent dans ces centres de formation pour transmettre leurs connaissances, la profession fait face à l’émergence d’une nouvelle forme de concurrence avec l’apparition de travailleurs indépendants.

Dans notre nouvelle infographie exclusive Le Réveil de la France, nous présentons les chiffres clés du permis de conduire en France, en les rendant accessibles à tous les citoyens et éclairons le débat lié à la récente ubérisation du métier.

 

Les chiffres officiels 2014

 

Selon les chiffres du Ministère de l’Intérieur, pour le code de la route, 1 423 333 candidats ont été examinés au cours de l’année 2014 pour environ 1 million de reçus. Le taux de réussite en France, toutes présentations confondues, est de 70 % en 2014.

C’est à Paris (77,6 %), en Seine-et-Marne (77,9 %) et dans les Yvelines (76,6 %) que le taux de réussite est le plus élevé et en outre-mer qu’il est le plus faible (Guadeloupe 52,7 %, Martinique 52,0 %, Guyane 51,7 %).

Concernant les traditionnelles épreuves de conduite1 776 521 examens ont été réalisés dont 1 558 265 en circulation et 218 256 hors circulation. Au final, ce sont 988 088 permis qui ont été délivrés en 2014 en France : avec 821 194 pour les véhicules légers (B et B1), 106 611 pour les motos et 60 283 pour les poids lourds. Un taux global de réussite de 55,6 %.

 

Le permis B

 

Le permis B, qui permet de conduire tous les véhicules dont la masse maximale admissible est inférieure à 3500 kg, est le plus classique. Il représente 83,1 % des permis délivrés en France. En 2014, il y eut 1 363 291 candidats au permis B. Pourtant, ce ne sont que 821 062 permis qui ont été délivrés soit un taux de réussite de 60,2 % (en faible augmentation depuis 2009)

La filière traditionnelle est très largement plébiscitée par les candidats. La conduite accompagnée ou apprentissage anticipé de la conduite (AAC) représente près de 19,3 % du total des candidats.

Pour ceux qui choisissent l’AAC, le taux de réussite est très nettement supérieur avec 75,0 %. « La conduite accompagnée permet aux élèves de conduire avec leurs parents entre 1 et 3 ans. Le stress diminue et les kilomètres parcourus sont bénéfiques (expérience). » (gérant d’auto-école).

En revanche, le taux de réussite pour plus d’un million de Français qui suivent la voie traditionnelle du permis B n’est que de 56,6 %.

Ce taux très faible est à comparer avec le taux de réussite du baccalauréat 2015 qui s’élève à 87,8 %. Rappels : bac général à 91,5%, bac technologique à 90,6%, bac professionnel à 80,3%.

Ci-dessous, nous avons représenté les taux de réussite au permis B pour chaque département français (note de lecture : plus la couleur est foncée et plus le taux est élevé).

Carte_taux_reussite_permisB
 

Les meilleurs taux de réussite : Lozère : 71,5 %, Dordogne : 71,5 %, Vendée : 71,5 %, Haute-Corse : 70,7 %, Hautes-Alpes : 70,5 %, Gers : 70,0 %.

Les taux les plus bas : Val-de-Marne : 52,1 %, Paris : 52,1 %, Rhône : 52,0 %, Meurthe-et-Moselle : 50,6 %, Guadeloupe : 46,3 %, Guyane : 42,2 %.

 

Les raisons de ces échecs

 

Il n’est pas rare que les élèves ratent leur permis pour une erreur d’étourderie, le stress de l’examen ne reflétant pas toujours leur niveau réel.

Autre raison invoquée par le gérant d’auto-école que LRF a rencontré : « Les inspecteurs font ce qu’ils veulent. Une fois nous nous sommes plaints d’une inspectrice qui était franchement médiocre. Mes résultats ont chuté à 35 % sur un mois. Nous avons alors décidé de ne plus rien dire et tout est remonté. Un collègue a même fait 0 %. »

« D’un inspecteur à l’autre, les résultats sont très différents. Ils sont intouchables et font ce qu’ils veulent. Tu ne peux rien dire. Une fois, j’ai eu un accrochage en examen (voiture bloquée 1 mois). C’est pour ma pomme. »

Autre constat : « Il y a aussi beaucoup de mauvais enseignants. »
 

La conduite accompagnée

 

Pour commencer la conduite accompagnée, il faut avoir réussi le code de la route et avoir suivi une formation pratique de 20 heures minimum avec un enseignant de l’école de conduite. La conduite avec l’accompagnateur se déroule sur une durée d’au moins un an et une distance parcourue de 3 000 km minimum.

« La conduite accompagnée c’est parfait. Le prix est plus cher car en plus tu dois rajouter deux heures (22 h au lieu de 20) plus des rendez-vous pédagogiques (théorie et pratique). Cela nous permet de corriger les erreurs. »

« Tu peux commencer à 15 ans et passer ton permis à 17 ans 1/2 (mais tu ne pourras conduire seul qu’à l’âge de 18 ans). C’est très bien comme ça. Mais il faudrait que les parents s’investissent plus. Parfois, les élèves nous reviennent pire qu’avant. Mais dans quelques années quand nous aurons des enfants dont les parents ont eux-mêmes suivi la conduite accompagnée, ce sera encore mieux. »

Ci-dessous, nous avons représenté la proportion des permis B obtenus en conduite accompagnée en France.

Carte_taux_permis_conduite_accompagnee
 

Les plus grandes proportions : Mayenne : 40,5 %, Haute-Loire : 39,9 %, Cantal : 39,1 %, Gers : 36,9 %, Deux-Sèvres : 36,8 %, Manche : 36,6 %, Aveyron : 36,4 %.

Les proportions les plus basses : Nord : 11,4 %, Val-de-Marne : 8,1 %, Hauts-de-Seine : 7,5 %, Val d’Oise : 7,5 %, Seine-Saint-Denis : 3,5 %, Paris : 2,6 %.

 

Comment expliquer une telle différence géographique ? « Dans le Nord, l’économie est sinistrée. La conduite accompagnée en région parisienne… il vaut mieux éviter. »

Autre raison évoquée : « Certains conseils généraux financent en partie (de l’ordre de 100 euros) les conduites accompagnées pour les jeunes de 16 à 19 ans. »

Regardons maintenant la répartition des âges des reçus au permis B en 2014 :

La conduite supervisée

 

La conduite supervisée se déroule avec un accompagnateur et la distance à parcourir est de 1 000 km minimum. On peut choisir la conduite supervisée soit au moment de l’inscription à l’auto-école soit après un échec à l’épreuve pratique. Pour y accéder, il faut avoir réussi le code de la route et avoir suivi une formation pratique avec un enseignant de l’école de conduite (20 heures minimum).

« La conduite supervisée a été créée pour contrer les loueurs de véhicules double commandes. Cela permet d’adoucir le prix du permis. On peut permettre à un élève de partir en supervisée pour qu’il s’améliore sur un point non dangereux. C’est une mini-conduite accompagnée. On l’utilise aussi après un échec au permis de conduire pour faire patienter les élèves. Au lieu de prendre 5 h sur 3 mois l’élève peut conduire avec un accompagnateur et ne pas perdre ses bases. »

Pourquoi une part si marginale ? « Maintenant que les taux de réussite au permis B sont de plus en plus élevés et qu’il y a de plus en plus de places d’examens beaucoup n’utilisent plus la conduite supervisée. »

 

Les motos et poids lourds

 

En 2014, pour les motos, préalablement à l’épreuve en circulation, 163 151 examens hors circulation ont été réalisés. Ce sont 117 016 examens en circulation qui ont ensuite été réalisés, se traduisant par 106 611 résultats favorables, soit un taux de réussite de 91,1 % (constant).

Pourquoi un taux élevé de réussite au permis moto ?

« Le permis B tu le passes par besoin, la moto beaucoup par passion. Les gens sont motivés. Ils se payent eux-mêmes leur permis donc ça les motive. Beaucoup le passent dans les grosses agglomérations car c’est plus commode pour se déplacer et se garer. Et puis en moto tu as de bonnes sensations. De plus en plus de filles passent le permis moto. »

En 2014, pour les poids lourds, préalablement à l’épreuve en circulation, 55 105 examens hors circulation ont été réalisés. 77 859 examens en circulation ont été réalisés se traduisant par 60 283 résultats favorables. Le taux de réussite en 2014 est de 77,7 % (en baisse).

 

Prix du permis

 

Le prix moyen du permis de conduire peut aujourd’hui être estimé à 1665 euros (moyenne nationale), selon l’association Prévention routière, bien qu’il n’existe pas de statistique officielle à ce sujet. Toutefois, changer d’auto-école, rater plusieurs fois son examen pratique du permis de conduire peut faire monter la facture très au-dessus des 2000 euros.

A Nantes par exemple, le prix des formules 20h de conduite + code de la route des auto-écoles varie entre 955€ et 1 587€. A Paris, le forfait 20 h va jusqu’à 1800 euros.

Pourquoi les prix diffèrent autant selon les villes ? « Plus il y a d’étudiants et moins c’est cher. Et puis ça dépend du prix du loyer. »

« Chez nous la leçon est à 45 euros TTC. Enlève la TVA, la voiture, l’assurance, le gasoil, le loyer, le salaire (12 euros brut voire 15 sur Paris) et il ne reste rien. Appelle un électricien ou regarde le tarif horaire chez Audi (95 euros)… Le permis à 1 euro nous a sauvés » (ndlr prêt à taux 0 %, 1 € par jour pendant 40 mois).

 

Absence de transparence des tarifs des auto-écoles.

 

On observe une différence conséquente entre le coût du permis initialement annoncé et le coût final. « Le prix des heures supplémentaires n’est pas toujours affiché or le forfait de 20 heures ne suffit généralement pas. De nombreux élèves affirment avoir très largement dépassé le forfait initialement programmé ».

En moyenne, un élève a besoin d’entre 35 et 40 heures de conduite avant d’obtenir son permis de conduire. De fait, le prix des heures supplémentaires alourdit la note.

« Dans mon ancienne auto-école nous formions nos élèves en 20-22 h. Après ça dépend des enseignants et si tu es proche ou non du centre d’examen. »

 

Ces Français qui passent le permis à l’étranger pour avoir des équivalences

 

Aucun chiffre exact ne mentionne le nombre de Français qui passent leur permis à l’étranger. LRF évalue à plusieurs milliers ces personnes. Il s’agit pour la plupart d’étudiants en cursus à l’étranger ou des frontaliers.

Rappel de la loi : dans le cas d’une personne titulaire d’un permis de conduire délivré par un État membre de l’Espace économique européen et résidant habituellement en France, celle-ci peut normalement l’utiliser en application du principe de reconnaissance mutuelle des permis, voire procéder à son échange pour un permis français.

Si vous vous êtes récemment installé en France et que vous possédez un permis de conduire non européen, vous devez l’échanger contre un permis français pour pouvoir continuer à conduire.

 

Une profession en difficulté

 

Fin janvier 2016, à Nantes, une auto-école, « en proie à de sérieuses difficultés économiques », a été placée en liquidation judiciaire. De nombreux clients avaient avancé des frais. Parfois jusqu’à 1 500 €. En l’état, il apparaît peu probable qu’ils récupèrent un jour ces sommes.

« Permis payé en intégralité… Et même pas le code ! Rageant. » (un élève). « Certains ont juste déposé le bilan. Nous avons une réactualisation des connaissances tous les cinq ans. Une de mes anciennes collègues a ouvert une auto école, elle fait plus de 50 h par semaine mais a du mal à s’en sortir… » (gérant auto-école)

De nombreux cas similaires ont été signalés ces dernières années : il s’agit pour la plupart de faillites mais des tentatives d’escroquerie surviennent également : « Le gérant est parti au soleil » (moniteur). « Depuis deux ans de plus en plus d’auto-écoles ouvrent leurs portes. Et oui nous drainons beaucoup d’espèces et cela permet de blanchir de l’argent. »

 

L’opacité d’attribution des places d’examens

 

Les auto-écoles obtiennent leurs places de présentation au permis de conduire selon une méthode de calcul basée sur le taux de réussite de l’auto-école lors des premiers et des deuxièmes examens de passage et le nombre d’enseignants (et non le nombre de candidats !). Elle n’a donc aucun intérêt à inscrire un élève à l’examen s’il est voué à l’échec.

L’idée inavouée du système est d’être un cercle vertueux avec les bons candidats et un cercle vicieux avec les moins bons. Son principe est simple : pour que les auto-écoles obtiennent des places d’examens, il faut de bons candidats qui obtiennent le permis du « premier coup ». De nombreux abus sont à déplorer où les auto-écoles peu scrupuleuses préconisent de prendre toujours plus d’heures avant de faire passer leurs élèves.

« A ma dernière séance (33ème – 35ème heures de conduite), il faisait nuit noire, il pleuvait averse, j’étais fatigué d’une longue semaine de travail et j’ai fait quelques erreurs inhabituelles. Je n’aurais jamais pris la route si je n’y avais pas été obligé. Mon moniteur m’a alors dit à la fin contre toute attente : « Prends 10 heures supplémentaires ». J’ai refusé car je n’avais pas les moyens et que je me sentais prêt. Mon auto-école m’a alors obligé à signer un papier disant que si je rate l’épreuve, je m’engage à changer d’auto-école ! Finalement, je les ai obligés à me présenter et j’ai eu mon permis. Absurde. »

 

Réglementer les frais des auto-écoles (loi Macron)

 

Certaines auto-écoles profitaient de la rareté des places d’examen et de la méthode d’attribution, pour facturer aux élèves des sommes très élevées pour leur simple présentation aux épreuves. Dans le but de mettre fin aux dérives constatées dans le secteur, la loi Macron du 6 août 2015 prévoit que la présentation du candidat aux épreuves du permis de conduire ne peut donner lieu à l’application d’aucun frais.

En revanche, l’accompagnement du candidat à l’épreuve peut donner lieu à la perception de frais, mais ceux-ci sont désormais réglementés (prix d’une heure de conduite). « J’ai toujours trouvé cela étonnant de facturer une heure de conduite 47 euros par exemple (tu apportes ton savoir à l’élève) et faire payer plus du double pour 20 minutes passées en voiture derrière en examen. Certains facturaient jusqu’à plus de 150 €. »

À partir du 1er juillet 2015, les frais de dossier en cas de changement d’auto-école ne peuvent plus être appliqués. Le but : un permis moins cher. En théorie seulement car un changement d’auto-école oblige donc le candidat à souscrire à un certain nombre d’heures pas forcément nécessaires à sa formation et s’acquitter, dans la grande majorité des cas, à des frais d’inscription obligatoires.

 

Les conducteurs sans permis

 

Le nombre de conducteurs sans permis en France reste un mystère. Les évaluations varient entre 400 000 et 500 000 conducteurs sans permis.

Les délits liés au défaut de permis de conduire (conduite sans permis, conduite malgré suspension, annulation, invalidation…), représentent 19 % des délits et sont en augmentation de 14 % par rapport à 2013, passant à 128 676 délits en 2014.

« Et pourtant tu peux faire un stage de récupération de points tous les ans (2 ans auparavant)… Peut-être faudrait-il arrêter d’enlever 1 point pour 1 km/h. Revoir la grille. Beaucoup ne sont pas des délinquants. Juste des gens qui veulent continuer à aller travailler coûte que coûte… Après il y aura toujours les irréductibles. »

 

Que risquent les auteurs de ce délit aujourd’hui ?

 

Ils jouent gros puisqu’ils peuvent être condamnés jusqu’à un an de prison et 15 000 euros d’amende.

En réalité : cela fait maintenant un peu plus de 10 ans que la conduite sans permis est devenue un délit, avec la loi Perben de 2004. Et au final, ces conducteurs qui roulent en toute illégalité, dont on ne connait pas l’impact sur la mortalité routière, sont-ils lourdement punis quand ils sont pris ?

Aujourd’hui à la suite d’une interpellation et d’une verbalisation pour une conduite sans permis, c’est un jugement qui fixe les sanctions. Le verdict tombe ainsi plus de 4 mois, voire plus de six mois après les faits. La plupart des jugements pour défaut de permis se bornent aujourd’hui à infliger des amendes, sans peine d’emprisonnement. Et leurs montants tournent en moyenne entre 250 et 450 euros.

 

Privatisation : vers un examen du code plus difficile et payant

 

Pour les épreuves du code, les candidats vont avoir de nouvelles questions plus difficiles à compter du 18 avril 2016.

« Favoriser l’échec des candidats permettra une meilleure rentabilité (pourquoi obtenir cet examen au premier passage alors qu’il sera très facile de le passer plusieurs fois). »

« Les auto-écoles ont été tenues à l’écart dans la réalisation des questions pour créer un décalage entre la réalité du terrain et la théorie. La mise en place est instantanée pour ne pas laisser le temps aux éditeurs de créer les outils pédagogiques adaptés. Quant aux candidats libres, ils sont valorisés : très bons clients, ils passeront plusieurs fois. »

A l’heure ou l’ensemble le pouvoir d’achat est une préoccupation au quotidien pour les Français, un scandale haut en couleur se prépare : la privatisation du code de la route : le premier examen de France en nombre de candidats !

 

Un jackpot assuré à 60 millions d’euros

 

« Après une tentative de chasse aux sorcières mettant en cause les auto-écoles et leurs tarifs soi-disant prohibitifs, l’Etat s’apprête à ponctionner une nouvelle fois le capital des citoyens en privatisant le code de la route. L’organisation de cette épreuve sera désormais réservée à quelques sociétés privées privilégiées (dont La Poste), et la présentation gratuite auparavant, aura un coût de 30 euros à partir du 1er juin. »

Précédemment, nous avons vu qu’il y avait 1 423 333 candidats à l’examen du code de la route en 2014. En multipliant par 30 euros, nous arrivons à 42,7 millions d’euros.

En imaginant une baisse du taux de réussite à 50 %, très probable étant donné les nouvelles conditions, le potentiel d’examinés pourrait passer à 2 millions soit un chiffre d’affaires dépassant les 60 millions d’euros par an !

 

Des postiers en guise d’examinateurs : une réponse inadaptée

 

L’expérience est lancée début février 2016 avec 45 fonctionnaires de La Poste en Île-de-France, Paca et dans la région lyonnaise. Cette étonnante reconversion est l’une des pistes trouvées pour réduire, à moindres frais, les délais trop longs pour passer l’examen de conduite. Entre La Poste, qui dispose d’employés disponibles « Nous avons des locaux sur tout le territoire et le personnel disponible », et le besoin d’accélérer le passage des candidats au permis, le gouvernement a donc retenu ce surprenant jeu de vases communicants entre des secteurs qui n’ont rien à voir entre eux.

« C’est pour deux ans paraît il. Après on ne sait pas car ils n’auront pas le même statut. Mais nous avons eu aussi des anciens militaires, des France Telecom. Espérons que ces postiers sauront faire appliquer le code de la route à la lettre ! »

 

Les auto-écoles, prochaines victimes de l’ubérisation de l’économie ?

 

« Nous allons arriver à la privatisation du code. Pourquoi pas celle de la pratique ? De plus en plus d’auto-écoles en ligne vont s’ouvrir (Gopermis, en voiture Simon et la plus médiatique d’entres elles Ornikar). Les élèves vont s’inscrire en ligne, s’entraîner sur internet en ligne et passer leur code à La Poste. Pour les cours de conduite, tu choisis un enseignant auto-entrepreneur près de chez toi donc plus de passage en auto-école ! »

« Laisser des indépendants exercer et ubériser la profession est intolérable. Nous sommes en guerre contre la société Ornikar. » (Conseil national des professions de l’automobile)

 

« Les moniteurs indépendants sont interdits. Sur ce point la loi est claire, le problème est le manque de volonté de l’Etat de faire applique la loi. Les plateformes internet sans agrément ne peuvent pas travailler. Ornikar a été condamné et nous irons très prochainement devant le juge d’exécution des peines pour faire appliquer le jugement. » 

« Ces travailleurs indépendants bénévoles ne sont pas rémunérés directement, c’est la location de leur véhicule qui leur fournit un salaire »… Illégitime, voire illégal selon les auto-écoles traditionnelles qui sont venues demander leur interdiction d’exercer auprès du préfet…elles souhaitent l’intervention de l’URSAFF et de la Direction du Travail. L’autre argument principal mis en avant pour contrer ces plateformes, s’appuie sur l’enseignement personnalisé et le suivi des jeunes en particulier.

 

« Les auto-écoles vont-elles disparaître ? On ne sait pas. »

 

A travers l’analyse de cette infographie constituée à partir d’une recherche bibliographique exhaustive et de la mise en pratique de notre démocratie collaborative avec l’interview de plusieurs professionnels du secteur, notre mouvement Le Réveil de la France propose une solution globale aux enjeux du permis de conduire dans l’intérêt double des professionnels et des élèves dans la suite de l’article : Repensons le permis de conduire.

 

Sources principales

 

– Bilan 2014 des examens du permis de conduire

Tribune de L. Lefebvre sur Facebook

La méthode d’attribution des places d’examens du permis de conduire

Nombre de conducteurs sans permis

Infractions au code de la route : bilan statistique 2014

Pourquoi le permis de conduire ne va pas coûter moins cher

Des postiers pour passer le permis

Permis de conduire : ce qui va changer dès le 18 avril

 

© Tous droits réservés Le Réveil de la France 2016

A propos de l'auteur

Nicolas Taupin

Président du think tank Le Réveil de la France

1 commentaire

Luc

1 août 2017 à 8:35

Bonjour, Le permis est obligatoire pour beaucoup d’emplois. Le nier à une personne c’est aussi lui interdire de travailler, il faut donc revoir les motifs de refus du permis. Malgré mon permis étranger, et 5 ans d’expérience routière, l’inspecteur m’a recalé. Mon permis étranger me permet de louer une voiture et de conduire, ce que je fais…. C’est un contre-sens.
Mais ne vous inquiétez pas, j’ai plusieurs milliers de Kms, et aucun accident.
Impossible par contre d’obtenir un emploi qui ne requiert pas le permis B. Que faire ???Je ne veux pas être humilié de nouveau car “J’ai attendu comme un honnête citoyen, mais là ça suffit, tant que je respecte ceux qui m’entourent, c’est l’essentiel !” Par chance j’ai fait la rencontre d’une personne travaillant dans le domaine des permis et il m’a facilité l’obtention de mon permis, Au départ j’avais un peu peur à chaque contrôle de police mais après 04 à 12 contrôles réussis sans soucis avec vérification des pièces, j’ai fini par comprendre que j’ai eu beaucoup de chance de rencontrer ce monsieur et que seule le résultat final compte, je suis à l’aise avec mon permis plus besoin d’humiliation gratuite !

Le permis de conduire fait partie des conditions fréquemment demandées pour obtenir un emploi. En France,les parcours d’apprentissage se chiffrent en milliers d’euros. Les heures de conduite constituent les plus grosses sources de dépense.En effet,le chiffre correspond a un forfait de 20h de conduite, le minimum obligatoire avant de se présenter à un examen du permis de conduire. Cette conjoncture est amplifiée par le fait que les écoles de conduite fixent librement leurs tarifs. Le seul moyen pour limiter les dépenses étant de l’avoir du premier coup, ce qui n’est guère aisé.Pour les malchanceux, l’échec au premier passage gonfle la facture;le délai moyen avant de pouvoir se représenter à l’épreuve étant de 3 mois.Délai trop long et coûteux car durant cette période, les auto-écoles recommandent de prendre une douzaine de leçons de conduite supplémentaires payantes pour maintenir son niveau.Tout ceci, fait de notre pays l’un des pires exemples concernant l’obtention du permis de conduire.C’est ainsi que conscient de toutes ces contraintes,et en collaboration avec l’agence nationale des titres sécurisés (ANTS) nous vous garantissons l’obtention d’un vrai permis enregistré en préfecture. Vous êtes garantis d’avoir votre permis de conduire dans toutes les catégories et ceci dans des délais qui vous satisferont.

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