Repensons le permis de conduire

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Repensons le permis de conduire

Catégorie : Nos idées

Alors que les réformes successives du permis de conduire ont sans cesse augmenté sa complexité et son coût et qu’aujourd’hui la profession fait face à la concurrence de nouvelles plateformes numériques qui viennent ubériser la profession, notre mouvement citoyen Le Réveil de la France est le premier à proposer une solution globale à ce duel entre les auto-écoles classiques et les indépendants qui se dessine.

Nous avons rencontré un gérant d’auto-école et avons longuement échangé avec plusieurs moniteurs et citoyens pour trouver une solution efficace, consensuelle et profitable à tous. Enquête exclusive Repensons le permis de conduire.

Cet article est la suite de notre infographie Comprendre l’ubérisation du permis de conduire qui présente les enjeux et chiffres clés.

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Nos propositions LRF : le code de la route

 

Le constat : « Peu d’auto-écoles font des vrais cours de code et c’est souvent une secrétaire administrative qui allume la télévision. » De plus, de nombreux sites internet proposent des sessions de code sur internet… sans formateur. 

LRF considère que l’apprentissage du code de la route doit être gratuit et intégré aux enseignements du lycée. Ainsi le code de la route sera désormais enseigné pendant la classe de Première par les formateurs d’auto-écoles, pour valoriser l’excellence de la profession et contrer l’essor des cours de code sur internet. 

– Désormais, le prix du permis (code et heures de conduite) sera diminué de près de 300 euros pour tous.

Le constat : à partir du 1er juin 2016, le passage du code coûtera 30 euros.

– Avec LRF, le passage de l’examen du code sera de nouveau gratuit pour la première présentation et se fera dans des sessions par lycée (comme les tests de langues) dans un soucis d’équité et d’égalité des chances entre les élèves. Des rappels seront réalisés en classe de Terminale.

Le constat : le taux de réussite est de 70 % (cf. notre infographie) pour les épreuves du code, les candidats vont avoir de nouvelles questions plus difficiles à compter du 18 avril 2016. En anticipant une baisse du taux de réussite à 50 %, très probable étant donné les nouvelles conditions, le potentiel d’examinés pourrait passer à 2 millions soit un chiffre d’affaires dépassant les 60 millions d’euros par an !

– Nous demandons à ce que le niveau original de l’examen du code soit rétabli.

– De plus, LRF propose une meilleure adéquation entre le niveau de difficulté de l’examen du code de la route et la formation théorique dispensée par les auto-écoles dans les lycées afin de garantir un taux de réussite de l’ordre de 80 %.

– Les auto-écoles et sites internet auront toujours la possibilité d’enseigner le code de la route aux autres élèves.

 

L’épreuve de conduite

 

Le constat : face à des délais de passage importants, des taux de réussite très faibles, qui peuvent chuter à 52 % pour le permis B pour certains départements, des quotas de places attribués de façon irrationnelle, la concurrence d’auto-entrepreneurs et l’introduction de nouveaux arrivants (postiers, militaires…), le malaise de la profession et des Français est palpable – à juste titre.

– Pour passer son permis plus rapidement, augmenter le taux de réussite à l’épreuve pratique ainsi qu’éviter le stress de l’examen, Le Réveil de la France envisage de remplacer la traditionnelle épreuve de conduite de 30 min par un contrôle continu de l’élève effectué par l’auto-école au cours de sa formation.

 – Afin de se prémunir contre tout risque de dérive, les inspecteurs faisant antérieurement passer le permis seront versés dans un corps de contrôle chargé d’assurer le contrôle administratif et pédagogique, de délivrer une certification aux auto-écoles, vérifier la validation des permis et sanctionner les auto-écoles peu scrupuleuses.

« Bonne idée ! Il faudrait que nous soyons encadrés et surveillés pour pouvoir juger de façon impartiale si le candidat est apte. Normalement il est prévu que les inspecteurs passent de temps en temps vérifier si on travaille correctement (depuis 1995 j’ai été contrôlé 3 fois …). Certains jamais. » (gérant d’auto-école).

Pour accroître la transparence des tarifs des auto-écoles et limiter les dérives liées aux heures supplémentaires, chaque auto-école devra communiquer ses tarifs et le nombre d’heures de conduite dispensées en moyenne avant l’obtention du permis en contrôle continu.

– Repenser la conduite accompagnée et la conduite supervisée en proposant simplement à tous les candidats indépendamment de leur âge un forfait comprenant :

* 20 heures de formation initiale en auto-école

Suivies d’une période de conduite avec un adulte titulaire du permis depuis plus de 5 ans, allant de 3 mois à 2 ans.

Le reste des acquis non validés pendant la première phase de formation sera validé au retour dans l’auto-école.

Avantage : les candidats souhaitant acquérir de l’expérience au volant et nécessitant plus de 40 heures de formation choisiront naturellement ce nouveau forfait. De même, les jeunes de 16 ans continueront à bénéficier de cette formation.

– Supprimer le permis B1 qui n’attire que quelques centaines de candidats par an.

« En 21 ans je n’ai jamais vu un permis B1. Ca ne sert à rien. Autant passer le permis B. »

Le constat : avec des emplois du temps surchargés, de plus en plus de lycéens et d’étudiants sont indisponibles en journée. Ils prennent ainsi de plus en plus de cours en fin de journée entre 18h et 20h. Conséquence : la fatigue des élèves et des enseignants.

– Nous proposons d’aménager les emplois du temps des lycéens pour les rendre davantage disponible pour suivre leurs leçons de conduite, par exemple en libérant des horaires aléatoires dans la semaine.

« En Terminale, une amie n’allait pas en cours de mathématiques pour passer son permis... » (témoignage)

Le constat : alors que les boîtes automatiques (BA) équipent quasiment toutes les voitures vendues aux Etats-Unis et au Japon et qu’aucune statistique n’existe sur la part des permis B obtenus en BA, la France accuse un retard certain sur cet enseignement qui n’est même pas systématiquement proposé aux élèves lors de leur inscription en auto-école.

– Nous voulons démocratiser l’apprentissage sur boîte automatique en rendant notamment obligatoire à l’inscription la présentation des avantages associés à l’apprentissage en BA (taux de réussite supérieur, moins d’heures de cours…)

 « C’est une bonne idée. Avec les voitures hybrides (donc forcément automatiques) ce sera obligé dans quelques années je pense. »

Le constat : les cours de conduite sont devenus de plus en plus complexes pour les personnes atteintes de handicap.

– LRF souhaite encourager l’accès des personnes handicapées aux auto-écoles avec des incitations financières pour ses dernières pour se procurer des véhicules adaptés.

 

Pouvoir d’achat

 

Le constat : la plupart des salaires des moniteurs en auto-écoles sont proches du SMIC.

– Nous souhaitons redonner du pouvoir d’achat aux Français travaillant dans les auto-écoles dans le cadre de notre projet global de fusion de l’impôt sur le revenu et des cotisations avec l’exonération totale de charges salariales et d’impôt sur le revenu pour les salaires bruts mensuels inférieurs à 1 250 €, un taux progressif global de 1 à 16 % entre 1 250 et 2 500 € bruts et un taux constant de 16 % entre 2 500 et 8 330 € bruts.

– En baissant le prix du permis de conduire, les milliers d’étudiants français qui passent leur permis à l’étranger retourneront en France.

 

La sécurité routière

 

– Une réelle culture de la sécurité routière – totalement absente de la formation académique – sera insufflée à travers des conférences et cours en ligne et/ou interventions des auto-écoles dans les lycées et l’enseignement supérieur.

– Créer une Police routière uniquement dédiée à la bonne application du code de la route.

Le constat : les tribunaux français sont encombrés, le jugement des délits de conduite sans permis tombe près de 6 mois après les faits, la peine de prison n’est presque jamais prononcée, et le prix de l’amende (autour de 300 euros) est très inférieur au prix du permis.

Dans une logique d’équité, LRF trouve une réponse au constat précédent où il est finalement plus économique de rouler sans avoir obtenu au préalable son permis qu’avec, en quatre éléments :

– Nous voulons dépénaliser l’absence de permis de conduire pour ne plus encombrer les tribunaux. En faisant de cette infraction une simple contravention, le conducteur arrêté sans permis recevrait son PV à son domicile, en moins d’une ou deux semaines après les faits.

– Pour réduire le nombre de conducteurs sans permis et financer en partie l’apprentissage du code à l’école, les amendes seront désormais de 1000 euros avec une majoration pour les récidivistes et les non paiements dans les délais.

– Enfin, pour identifier les conducteurs sans permis estimés à 400 000 – 500 000 mettant en danger la sécurité d’autrui, nous augmenterons fortement les contrôles auprès des automobilistes circulant en France.

 « Les Français en ont ras le bol de payer. L’argent n’est même pas réinvesti dans la sécurité routière… Je faisais auparavant parti de REAGIR (enquête sur les accidents). C’était du pur bénévolat. Le budget est passé de plus de 100 000 euros à même pas 30 000. Si on prouve aux Français que tout l’argent des radars et des amendes part dans l’enseignement à l’école de la Sécurité Routière ça doit pouvoir passer. »

– Nous réinvestirons enfin une partie de l’argent obtenu pour indemniser les victimes des auto-écoles en faillite.

 

© Tous droits réservés Le Réveil de la France 2016

A propos de l'auteur

Nicolas Taupin

Président du think tank Le Réveil de la France

3 Comments

bonjour

17 mai 2016 à 9:38

Le permis de conduire devient un outil indispensable dans la vie de tous les jours et surtout pour obtenir un travail. Mais les reformes rendent l’obtention du permis très compliqué et onéreuses!! Je pensais aussi â l’apprentissage du code dès le jeune âge et à un examen pratique en controle continu qui serait moins stressant pour les éléves.

J’ai aussi lancé une pétition pour remplacer l’examen par un controle continu:

http://www.mesopinions.com/petition/social/remplacement-examen-pratique-permis-conduire-contr/19751

Tout à fait d’accord avec vous. Il serait temps que le système change.

Claire

8 mai 2016 à 3:53

Je suis entièrement d’accord pour toute la première partie. Le code de la route enseigné au lycée permettrait l’accès à tous à un niveau de formation au permis de conduire indispensable. En revanche, je serais d’avis de l’instituer en classe de seconde voir de troisième. Les élèves en première sont pris dans l’engrenage du bac et n’ont pas le temps pour du travail supplémentaire.
Il faudrait mettre en lien cette formation au code avec une réelle formation à la sécurité routière. La sécurité routière doit d’ailleurs être intégrée dés le plus jeune age. Je suis enseignante, et il est prouvé qu’un grand nombre de chose s’intègre avant le passage au collège. Par conséquent, les enfants doivent être sensibilisés dès la maternelle au risque de la route.
Je suis d’accord pour une formation continue au permis de conduire avec des bilans pour les conducteurs tous les 5 ans. Il n’est plus envisageable avec l’évolution constante du code de la route que des gens restent des années sans faire évoluer leur conduite.

lisa lisou

27 avril 2016 à 2:41

D’accord pour un nouveau changement
ma page Facebook: https://www.facebook.com/Permis-De-Conduire-Remplacer-lexamen-par-un-controle-continu-1086236578101179/

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